Fiches “Bonnes pratiques”

Durant les trois années du projet de coopération, nos amis tchèques ont relevé plusieurs bonnes pratiques qu’ils ont observées lors de leurs venues en France. Leurs observations ont été synthètisées sous le forme de fiches (en anglais) qui reprennent l’objet étudié, ce qui est novateurs de leur point de vue et surtout ce qui semble transposable dans le système tchèque.

‘Brochure_of_good_practice_examples pdf’

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Conférence de clôture du projet – juin 2013 – 2/2

Jour 2 : mercredi 12 juin 2013

 Conférence de clôture

La salle d’assemblée de la Région Champagne-Ardenne accueille tous les membres du partenariat français et tous les membres du partenariat tchèque pour cette conférence de clôture. 39 personnes sont réunies autour de notre projet et nous avons l’honneur d’accueillir monsieur Daniel VOLF, Ministre conseiller – Chef de mission adjoint de l’Ambassade de la République tchèque en France.

Lorette JOLY souhaite la bienvenue à la délégation tchèque et remercie l’ensemble des partenaires présents. Elle ouvre les débats de cette conférence en affirmant que l’éducation est une des priorités de la Région et que la coopération européenne en la matière est un levier majeur pour la création de nouvelles pratiques innovantes dans la relation entre les écoles et les entreprises.

Monsieur Daniel VOLF fait part de sa grande satisfaction de voir le dynamisme des échanges franco-tchèques en particulier entre les collectivités locales. Il note d’ailleurs que le partenariat entre la Région Champagne-Ardenne et la Vysocina est l’un des plus actifs des partenariats franco-tchèques.

Monique PARIZOT, DAREIC, représente le Recteur de l’académie de Reims qui se félicite que trois établissements scolaires aient participé aux actions, aux réflexions et aux mobilités. Grâce à ce projet, les établissements ont pu nouer des contacts en Vysocina avec, pour certains, la mise en place de partenariats bilatéraux ayant déjà permis de réaliser des mobilités d’élèves: sur ce point le projet est d’ores et déjà un succès. Par ailleurs, ce projet Comenius Regio participe aux objectifs du projet académique de maîtrise des langues étrangères et en particulier de l’anglais.

Le projet a essaimé sur d’autres projets puisque l’académie de Reims coopère avec la région de Vysocina dans le cadre du programme « un an en France » qui permet d’accueillir des élèves dans les établissements champardennais pour toute une année scolaire. Par ailleurs, notre projet a permis de mettre en contact l’Académie de Reims avec Vysocina Education. Ces derniers ont désormais un projet dans le cadre du programme Leonardo Da Vinci. Il s’agit d’échanger sur les questions d’orientation professionnelle.

Lors de cette conférence, chaque partenaire a présenté sa structure et sa participation au projet de coopération.

Restitution des ateliers 

Les ateliers de travail de la veille au lycée Bayen ont été l’occasion d’expérimenter de nouvelles techniques de travail, de coproduction de contenu et de participation de tous à la construction du bien commun.

Ils ont permis de montrer qu’une majeure partie des problématiques des collectivités locales sont communes :

– le point de la démographie dans la gestion de la formation en particulier eu égard à la nécessité pour les entreprises de connaître précisément leur besoin de recrutement à court et moyen terme ;

– la nécessaire revalorisation de l’enseignement professionnel pour maintenir les niveaux de recrutement des établissements et la présence des entreprises sur le territoire régional ;

– la difficulté qui consiste à réussir à dépasser une situation paradoxale dans laquelle il faut « fournir » aux entreprises locale des jeunes formés tout en apportant aux élèves une ouverture d’esprit devant nourrir leur ambition et les inciter à ne pas vouloir rester à tout prix dans leur territoire d’origine.

Chaque partenaire tchèque a pu présenter une bonne pratique qu’il a identifiée lors des visites en France. (Elles seront présentées dans un article dédié)

Pour compléter ce panorama, les partenaires français ont identifié trois pratiques de trois partenaires tchèques différents qui participent à une meilleure coopération entre les écoles et les entreprises:

– une structure unique chargée de la formation continue des enseignants, de la veille en termes d’innovation pédagogique et du pilotage des projets européens;

– la capacité des établissements à fournir des vraies prestations (le lycée comme mini entreprise);

– la coopération avec la société Hettich: prospective et contractualisation

 

 

 

 

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Conférence de clôture du projet – Juin 2013 1/2

10 au 13 juin 2013 – Conférence de clôture 

C’est à Châlons-en-Champagne que nous nous sommes retrouvés pour la conférence de clôture de notre projet de coopération, organisée sur 3 journées, du 10 au 13 juin 2013.

La délégation tchèque se composait de :

Jana FIALOVA : vice-présidente du Conseil régional de Vysocina en charge de l’Education

Miroslav BREZINA : directeur Adjoint au Conseil régional de Vysocina

Kamil UBR : responsable du Pôle du Développement de l’Education au sein de la Direction des Ecoles

Roman KRIVANEK : directeur de Vysočina Education

Jaroslava LORENCOVA : directrice Adjointe de l’Académie Střední stavební Jihlava

František CIZEK : directeur adjoint de l’Académie Česká zemědělská Humpolec

Jiří STRAKA : professeur d’enseignement professionnel de l’Académie technique de Žďár nad Sázavou

Pavel SIROKY : membre du Conseil de la Chambre de Commerce

Martina RICHTOVA-TOMSU : responsable du Cabinet du Président de la Vysocina – Représentante de la Région de Vysocina à Bruxelles

Nos partenaires arrivent le 10 juin et nous passons la fin de journée à leurs côtés.

Jour 1 : mardi 11 juin 2013 

La première journée de cette conférence de clôture est consacrée à un travail sous forme d’ateliers qui va permettre de synthétiser les réflexions qui ont structuré notre partenariat depuis la fin de l’année 2011.

L’objectif était de trouver quelques notions phares qui résument la relation entre l’école et l’entreprise et qui pourraient servir de terrain d’expérimentation pour de nouvelles pratiques.

Pour l’occasion, nous avons « décentralisé » nos travaux puisque les ateliers de travail ont lieu au lycée Pierre Bayen de Châlons-en-Champagne où nous avons été accueillis par le proviseur, monsieur Christian BERREHOUC.

Trois sujets de travail avaient été retenus lors des échanges avec nos collègues tchèques, en préparation de la conférence :

– l’organisation, le suivi et l’évaluation des périodes de formation en milieu professionnel ;

– le fonctionnement de la formation professionnelle et de la formation continue ;

– le fonctionnement du système d’orientation.

Le stage est le principal point de contact entre le lycée et l’entreprise. S’intéresser aux périodes de formations en milieu professionnel (ou stages) s’est examiner le caractère multilatéral de la relation entre l’école et l’entreprise. Le système de stages  inscrit l’établissement dans un réseau de professionnels auprès desquels les élèves évoluent durant leur stage. Les élèves sont autant d’ambassadeurs du savoir faire diffusé par l’établissement et à ce titre, ils sont garants de sa renommée et de la place de l’établissement dans la branche professionnelle dans laquelle il s’inscrit. D’un autre côté, l’entreprise sert de lieu de mise en pratique mais également d’approfondissement des connaissances, de confrontation avec le monde du travail. Ce caractère donnant/donnant semble être un trait particulier de la relation entre les écoles et les entreprises : chacun apporte à l’autre.

Comme un écho à ce multilatéralisme, le champ de la formation continue marque également la relation entre l’école et l’entreprise. Au-delà de la garantie d’une main d’œuvre nouvelle et formée, l’école est également un lieu de consolidation du savoir des salariés déjà en place, de leur perfectionnement. En outre, c’est l’échange de savoir qui importe ici et nous pouvons également faire le lien avec le dispositif des plateformes technologiques, outils mis en place par les lycées au profit des entreprises pour lesquelles ils effectuent des travaux de recherche et développement et de transfert de technologies.

Enfin, une étude de la relation entre l’école et l’entreprise ne peut être conçue sans une observation fine des systèmes d’orientation. Outre l’étude des procédures d’aide à l’orientation, ce sont également toutes les représentations liées aux métiers, aux parcours et aux formations qui ressortent comme autant d’objets d’étude de la relation entre l’école et l’entreprise.

 

Pour faciliter la réflexion et la restitution du travail, un support identique aux trois ateliers a été construit. Il a permis de centrer les débats autour de quelques questions :

– Comment est organisé le sujet en France et en République tchèque ?

– Quelles sont les principales différences et les principaux points communs ?

– Quels éléments pensez-vous pouvoir intégrer dans votre fonctionnement ?

– En quoi le sujet participe-t-il de la relation école/entreprise ?

Les échanges ont été très riches et la restitution du travail de chaque atelier au groupe entier a été l’occasion de parfaire notre connaissance du système tchèque. De nombreuses bonnes pratiques ont été identifiées mais il semble que les contraintes institutionnelles soient le frein principal à leur expérimentation. La taxe d’apprentissage est à ce titre un bon exemple.

Cette matinée de travail se termine par un déjeuner pris en commun au lycée Pierre Bayen.

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Mobilité enseignants – Avril 2013

Dès notre arrivée à l’aéroport nous avons été pris en charge par Alena MIKULIKOVA, de la Région Vysocina, qui nous a conduits à la Villa Eden à Jihlava. Nous nous sommes ensuite rendus en compagnie de Marketa METELKOVA et Roman KRIVANEK de Vysocina Education à une réunion au gouvernement régional où une présentation de la région nous est faite par Ladislav SEIDL, Responsable de la Direction des Relations Internationales. Le point le plus marquant est de constater que la Région a une double compétence : elle effectue certaines missions pour le ministère, à l’image des préfectures françaises, et d’autres pour son propre gouvernement local.

Nous visitons ensuite les locaux, dont la salle d’assemblée. 

Le temps libre qui a suivi nous a permis de découvrir la ville de Jihlava et de savourer la gastronomie tchèque. 

Jour 2 : Mercredi 10 avril 2013

 La délégation française se rend à Humpolec au sein de l’école CZA – école agricole. Pour le déjeuner, un repas typique tchèque nous est offert dans l’établissement.

 La journée est divisée en deux parties avec, tout d’abord, une présentation du système d’orientation en République Tchèque, puis la présentation de l’école CZA, incluant une visite de ses locaux.

 Silvie PYCHOVA nous présente le système d’orientation en République Tchèque, en commençant par quelques données générales de contexte sur la République Tchèque :

 Le taux de chômage des jeunes ayant un diplôme universitaire s’élève à 50%. L’âge de la retraite est en moyenne de 67 ans pour les hommes.  Après la naissance d’un enfant le congé parental est de 3 ans. Il peut être pris au choix par la mère ou le père de l’enfant. Ce long congé parental est souvent un obstacle au cours de la carrière du parent qui le prend car il est difficile de se réinsérer dans le milieu professionnel après 3 ans d’absence, les technologies évoluant, etc. Le système éducatif tchèque est basé sur le système autrichien. L’école n’a pas encore intégré les changements de la société. Depuis 2004 les écoles sont très autonomes avec chacune ses propres priorités ; ce qui a pour conséquence une grande rivalité entre les écoles. Aujourd’hui la reconnaissance du statut social des apprentis est très basse. Les écoles d’apprentissage sont surtout utilisées par des adultes qui souhaitent une reconversion professionnelle.

Puis Mme PICHOVA poursuit avec l’historique du système d’orientation en République Tchèque :

 Le conseil à l’orientation professionnelle existe depuis 90 ans. Pendant très longtemps les conseillers étaient des psychologues.

Années 50 : 1er Bureau de Consultation pour les Ecoles (secteur de l’Education).

Années 90 : le secteur du Travail ouvre aussi des bureaux pour les écoles → 2 secteurs parallèles se développent :

– via le secteur de l’Education (Ministère de l’Education) : ce sont des psychologues ;

– via le secteur du Travail (Ministère de l’Emploi et des Affaires Sociales) : info pour les non qualifiés.

2007 : Tendance à vouloir créer un secteur commun fondé sur les deux secteurs Education et Travail → création du Forum National pour l’Orientation Professionnelle + développement d’agences privées travaillant sur l’orientation professionnelle. Ces agences privées offrent leurs services aux entreprises sans aucune qualification. Financées par des fonds européens, de nombreuses ONG ont fourni des services sociaux pour des groupes cibles en difficulté.

2009 : un appel à projet fut lancé par le programme européen Euroguidance → création d’un concours national :

            – Prix de la qualité de l’orientation professionnelle ;

            – Prix national pour les services d’orientation professionnelle.

Le secteur non-gouvernemental a remporté le prix de la qualité, à la fois concernant les services offerts et la spécificité des services pour des groupes cibles donnés.

2010 : le Ministère de l’Education a mis en place un système fondé sur les priorités de l’INGPN (réseau européen des décideurs politiques). Ces priorités sont :

– accès pour tous ;

– qualité ;

– soutien au développement des compétences de carrière → être indépendant sur le marché ;

– coordination de tous les services.

Ce projet fut abandonné par le nouveau Ministre de l’Education.

2012 : Début de standardisation de la profession de conseiller d’orientation dans le cadre national de qualifications (toujours en cours actuellement). Mise en place de 4 qualifications :

            1) soutien aux élèves et étudiants ;

            2) agences de travail ;

            3) Ressources Humaines, agences de recrutement ;

            4) groupes désavantagés, handicapés, etc.

Points négatifs : il n’y a plus de base commune + il y a des conflits d’intérêt. Le service rendu ne l’est pas toujours dans l’intérêt de la personne en recherche.

Aujourd’hui : Il y a des discussions ouvertes, des réseaux existent, de même que des groupes d’experts,  ainsi que des exemples de bonnes pratiques. 

En Vysocina un concours régional pour les bonnes écoles est en cours de création. Fonctionnement à partir de cas pratiques sur des exemples anonymisés. Il s’agit d’exemples étrangers en relation avec l’Université de Stockholm.

Les ONG dominent le secteur de l’orientation.

Grâce à son expérience et son point de vue critique, Mme PICHOVA évoque les éléments qu’il reste à créer :

> Un système où chacun connaîtrait sa position ;

> Une standardisation avec un service pour tous ;

> La reconnaissance de l’importance de l’orientation professionnelle même pour les gens en situation d’emploi. Aujourd’hui, tant que les gens ne sont pas au chômage ils ne connaissent pas les services qui leur sont offerts en termes d’orientation. Pourtant ils pourraient utiliser ces services pour avoir un meilleur métier qui soit plus en adéquation avec leur profil.

Nous enchaînons ensuite par une présentation de l’école CZA par le proviseur de l’établissement.

L’ « Académie Agricole d’Humpolec » donne deux types de formation :

Formation Bac + 3 Formation de 3 ans en apprentissage (sans Bac)
Sciences naturelles Mécanicien
Agriculture – agriculture biologique Spécialiste en électricité automobile
Elevage Réparateur des machines agricoles
Technologie biologique Plombier
Médecine par les plantes Maçon
Equitation (depuis 2011) Equitation
Elevage / dressage des chiens Charpentier
Maintenances des bâtiments  
Construction  

 L’école fournit un certain nombre de services : hébergement des élèves (4 foyers d’hébergement), cantine, formation pour le permis de conduire, école de soudage, atelier de réparation de voitures (pour tout client ; 50% de ce que paient les clients est donné aux élèves pour les récompenser), réparation de maisons / bâtiments, club d’équitation.

Les partenaires de l’école sont : Ministère d’Agriculture, Chambre d’Agriculture Tchèque, Arts et Métiers, sociétés et fermes privées.

Le taux de réussite au Bac est d’environ 80%.

La visite de l’établissement nous permet de constater que, bien qu’ayant moins de moyens qu’en France, les proviseurs attachent une importance particulière à l’environnement de travail et au bien-être des jeunes. Nous constatons qu’il y a au minimum une plante verte dans chaque salle et qu’un système de tri avec 4 bacs est mis en place. D’autre part, le sport étant fort développé en République Tchèque, un système de prêt de matériel de ski/snowboard est fourni aux élèves au sein même de l’établissement. Au cours de notre visite, nous croisons deux élèves qui prennent des cours particuliers d’allemand avec leur professeur car ils vont aller effectuer un stage en Allemagne. En nous rendant à l’atelier de réparation de voitures nous constatons que l’école a un partenariat avec l’entreprise Bosch qui lui fournit gratuitement du matériel.

 Nous terminons la journée par un dîner officiel en présence de Monsieur Martin HYSKY, Conseiller Régional.

 Jour 3 : Jeudi 11 avril 2013

Roman KRIVANEK commence par nous faire une présentation de sa structure, VYSOCINA EDUCATION.

 Puis, Marketa METELKOVA  nous présente le système éducatif tchèque.

L’école est obligatoire de 6 à 15 ans. C’est l’école fondamentale. Puis, les élèves les plus motivés peuvent poursuivre dans un lycée de 8 ans.

Environ 85% des enfants vont à l’école maternelle. Les parents doivent verser une participation.

 Echelon de responsabilité en matière d’enseignement :

Ministère

Régions

Communes

Définition du programme cadre de l’enseignement Lycées et écoles secondaires

+

Ecoles supérieures techniques (=BTS)

Ecoles privées et maternelles

 Financement :

– Les salaires des professeurs sont versés par le Ministère ;

– La gestion et la réparation des bâtiments sont à la charge soit de la Région, soit de la Commune.

Organisation de l’enseignement :

Année scolaire du 1er septembre au 30 juin. Un cours dure 45 minutes.

Durée hebdomadaire d’enseignement :

1er degré de l’école fondamentale

(= école primaire)

Ecole secondaire

(= collège)

entre 18h et 26h

entre 28h et 32h

Nombre d’élèves dans une classe : entre 17 et 30 ; la moyenne étant entre 26 et 30.

L’enseignement secondaire est de deux types :

1) écoles d’apprentissage sans BAC : d’une durée de 3 ou 4 ans, se terminant alors par un BAC professionnel ;

2)  écoles qui se terminent par le BAC général.

Après un BAC professionnel ou général s’offre la possibilité de continuer dans une école supérieure.

Pour devenir professeur il faut avoir un master (= une formation supérieure). Pour être professeur dans les ateliers il faut avoir un niveau au moins égal au BAC et être spécialiste de son métier.

 On observe une chute de 50% du nombre d’élèves de 15 ans entre 1990 et maintenant : de 9 500 à environ 5 000. Du fait de la chute du nombre des élèves il y a une tendance à regrouper plusieurs établissements au sein d’un seul. Ceci a pour conséquence le licenciement des professeurs qui ne sont pas fonctionnaires.

Les élèves d’enseignement professionnel passent deux BAC : le BAC général et le BAC pro dans leur spécialité.

 Ensuite, M. Pavel TOMAN nous fait une présentation de l’école Stredni skola stavebni dont il est le proviseur. Le budget accordé par la Région Vysocina à l’établissement dépend du nombre d’élèves inscrits. La Région finance notamment les ateliers à hauteur de 160 millions de Couronnes (6,4 millions d’€). La Région a mis en place un système de bourses pour les jeunes qui choisissent des métiers d’apprentissage peu demandés : menuisier, couvreur, maçon, plombier, etc. Des élèves de toute la région viennent se former dans ce lycée.

 Enseignement :

Disciplines de 4 ans avec BAC

Centres d’apprentissage de 3 ans sans BAC

Après le BAC les élèves travaillent soit en usine (chef de projet, chef de chantier), soit en mairie (bâtiment, urbanisme). Après l’obtention du certificat d’apprentissage (=CAP) l’élève peut continuer pendant 2 ans pour obtenir le BAC.
70% des élèves continuent dans l’enseignement supérieur : vers des écoles d’ingénieur, université technique, etc. Pour les élèves qui n’obtiennent pas le certificat d’apprentissage, ils peuvent continuer l’apprentissage pendant encore 2 ans.
320 élèves dont 70 filles.

Les filles étudient la construction, l’architecture, le design et le dessin.

Secteurs : bâtiment et exploitation des fôrets
  50% de théorie et 50% de pratique

Au sein d’un lycée professionnel le rythme habituel est d’une semaine de théorie et d’une semaine en atelier, mais pas dans cet établissement. En effet, l’école a négocié avec les entreprises partenaires pour mettre en place un calendrier spécifique d’enseignement adéquat :

– Automne, pendant 2 mois ½ : période des chantiers → les élèves font de la pratique ;

– Hiver, pendant 5 mois : théorie à l’école ;

– Printemps, pendant 2 mois ½ : période de construction → les élèves font de la pratique.

A partir de la 2ème et de la 3ème année des commandes sont passées par des clients. Cela ramène des fonds. Il est possible de construire des maisons entièrement pour un coût inférieur de 30% à celui d’une entreprise de construction classique. En revanche le temps de construction est plus long. 

Les apprentis de l’école ne passent pas de contrat avec une entreprise ; ils sont rémunérés par l’Etat. Pendant la formation de l’élève c’est l’école qui établit un contrat de stage avec une entreprise.

Nous avons ensuite visité l’établissement dont le gymnase notamment a été entièrement réalisé par les élèves dans le cadre d’un chantier.
Nous sommes enfin allés déjeuner au sein de la cafétéria du Gouvernement Régional où un repas typique tchèque a été servi par des apprentis en restauration.

 Nous terminons la partie théorique par une intervention de la Chambre de Commerce et d’Industrie qui nous présente son projet « les portes sont ouvertes aux filières techniques ».

 Ce projet, financé par le FSE,  existe depuis 1 an. Il a débuté le 1er février 2012 et sera développé jusqu’en 2015.

Il consiste en la visite des entreprises et usines de la région. Il y a environ 45 entreprises partenaires du projet. Le porteur de projet est la Chambre de Commerce de la Région Vysocina, en partenariat avec Vysocina Education.

Objectifs :

1) Améliorer les conditions d’enseignement des métiers techniques dans la région ;

2) Augmenter l’intérêt des élèves des écoles fondamentales pour les filières techniques ;

3) Améliorer la situation des élèves issus des lycées professionnels techniques sur le marché du travail.

Groupes cibles : élèves des 3 dernières années de l’école fondamentale,

Enseignants, proviseurs des écoles secondaires de la région.

Activités du projet :

1) Présentation vidéo de 10 disciplines techniques sur DVD et accessibles sur internet : http://www.aliozer.com/egemen/

Objectif : compléter l’enseignement donné dans les écoles.

2) « Pratique des métiers techniques » : visites des élèves au sein d’entreprises partenaires du projet + discussion avec les dirigeants de l’entreprise

3) Visites des écoles secondaires et lycées professionnels au sein d’ateliers habilités et mise en place d’ateliers de motivation

Aujourd’hui 10 lycées professionnels sont partenaires du projet

 Apports du projet :

Pour les élèves Pour les pédagogues / professeurs
Les élèves des écoles fondamentales disposent d’informations sur les métiers techniques

 

Entrée en contact avec le milieu de l’entreprise
Obtention d’information sur les entreprises

 

Possibilité de donner des conseils d’orientation
Evaluation/détection de l’habilité des élèves dans les ateliers

 

Meilleure connaissance permettant un meilleur enseignement de la matière
Connaissance des programmes des lycées professionnels

 

 
Contact direct avec le milieu du travail

 

 

 

La valeur ajoutée du projet se décline en 3 points:

– Fil rouge entre l’école fondamentale, le lycée et l’employeur ;

– Attirer l’attention des élèves sur les métiers techniques ;

– Améliorer l’enseignement des disciplines techniques.

 Cette mobilité se termine par la découverte de la très belle ville de Telc, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.

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Mobilité en République tchèque – Atelier 4 – jour 3

Nous sommes attendus dans les locaux de la société Hettich dans la ville de Z’dar nad Sazavou. 

« Il est très important pour les entreprises qui veulent tirer leur épingle du jeu en Europe, d’avoir des salariés bien formés. C’est pourquoi Hettich favorise les coopérations locales étroites avec les écoles et les centres d’apprentissage » Le directeur de l’usine

A la suite d’une étude menée par la société Hettich sur la démographie locale, montrant notamment un vieillissement de la population ce qui augurait des difficultés de recrutement à moyen et long terme, l’entreprise Hettich a développé sa coopération avec le lycée technique local et avec l’école secondaire industrielle, préparant notamment à l’université. Un partenariat avec l’université de Brno permet également de garantir des recrutements de personnel hautement qualifié. 

L’entreprise Hettich nous présente ensuite le système de recrutement et de bourses spécifiques avec les élèves du lycée de Z’dar nad Sazavou.

 Avant d’être intégrés dans l’équipe Hettich, les élèves passent plusieurs tests : en mathématiques, en physique, en logique et en culture générale. Suite à ce test, un entretien entre l’entreprise et les parents permet de faire le point sur la proposition de bourse. 

Sur 10 élèves ayant postulé à ce dispositif par an, 5 sont intégrés dans l’entreprise. Ils signent alors un contrat au travers duquel ils s’engagent à finir leurs études et participer aux cours pratiques dispensés par l’entreprise mais également à travailler pendant cinq années au service de l’entreprise Hettich. 

En contrepartie, la firme s’engage à fournir des cours techniques et des cours de langue, un emploi et une bourse scolaire dont le montant dépend toutefois des résultats de l’élève. Les élèves qui le souhaitent peuvent également bénéficier du programme d’échanges d’étudiants entre les filiales du groupe. Le développement des savoir-faire s’accompagne ainsi de l’apprentissage de la culture d’entreprise. Apprentissage renforcé par l’obligation de suivre un stage dans le département « assemblage » pour prendre conscience du produit fini réalisé dans l’entreprise et auquel participe chaque salarié.

Si les résultats scolaires de l’élève ne sont pas satisfaisants, le contrat peut être dénoncé. Dans ce cas, l’élève doit rendre les bourses qu’il a perçues. 

Pour les étudiants de l’université, le stage est de six semaines et leur mémoire de fin d’études doit pouvoir bénéficier à l’entreprise. Le thème est donc choisi conjointement entre l’université et l’entreprise. 

En parallèle de la relation centrée sur l’élève, l’entreprise Hettich « sponsorise » l’établissement par des dons en matériel, en machines et en matière d’œuvre. 

Si ce système nous apparaît particulièrement intéressant, il soulève cependant une question : tous les efforts déployés ne risquent-ils pas d’inciter les lycéens à poursuivre leurs études, ce qui aurait finalement un impact néfaste sur le recrutement d’ouvriers qualifiés ? 

Le directeur de l’entreprise pense qu’il s’agit d’un risque qui est d’autant plus réel que le gouvernement tchèque a fixé comme objectif d’avoir 75% de bacheliers pour chaque cohorte. Cette tendance incite donc les entreprises à agir très localement pour convaincre quasiment les élèves un par un. 

Suite à la visite de l’entreprise Hettich, nous nous rendons dans le lycée technique partenaire de Z’dar nad Sazavou. Nous sommes accueillis par le proviseur qui nous fait visiter son établissement. 

La journée se termine pour nous par une visite de l’abbaye cistercienne à l’occasion de laquelle nous aurons la chance d’être accueillis par la « comtesse » Kinsky en personne. Elle nous recevra chez elle pour nous offrir un café et nous raconter l’histoire incroyable de sa famille, émigrée en France et revenue en République tchèque après la révolution de velours.

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Mobilité en République tchèque – Atelier 4 – jour 2

La délégation française se rend dans le lycée du BTP et du bois de Jihlava , dirigé, par Pavel Toman, qui accueille 690 élèves. Il les prépare à des métiers du BTP accessibles après une formation de deux ou quatre années et à des métiers dans l’industrie du bois après une formation de deux ans. Il coopère avec de nombreuses entreprises évoluant dans les secteurs du BTP et du bois afin de permettre à ses élèves d’effectuer des stages en entreprise au cours de leur formation. Il est déjà impliqué dans des programmes européens, de type Leonardo ou Socrates, et dispose de bourses austro-tchèques

Roman Křivánek, le directeur de Vysocina Education, nous présente sa structure qui est notamment en charge de la formation continue des enseignants et des projets européens de coopération. Vysocina Education gère le projet « L’école et l’entreprise main dans la main » mais également un projet de coopération avec la Région de Tampere en Finlande sur le sujet du management scolaire.

Quelques photographies de l’établissement de Pavel nous sont diffusées. L’une d’entre elles retient l’attention des français car elle représente une cérémonie de remise de diplômes ce qui est assez peu fréquent en France.

Toutefois cela se développe de plus en plus dans l’enseignement supérieur. Depuis 2 ans Reims Métropole a mis en place une cérémonie de remise des diplômes commune à plusieurs établissements, dont l’URCA. 

Nous apprenons que le principe de la cérémonie de remise des diplômes est une institution en République tchèque, en particulier dans l’enseignement secondaire. La plupart du temps, les entreprises y sont présentes ainsi que les représentants des branches professionnelles. 

Nous apprenons, à cette occasion, que le choix des enseignements et des diplômes proposés par un lycée est de la seule responsabilité de celui-ci. En outre, un établissement peut maintenir une filière même avec un très faible nombre de lycéens. 

Cette liberté a cependant deux inconvénients : les formations sont couteuses et elles ne sont pas forcément en réelle adéquation avec les besoins des entreprises. Au final, 5% des lycéens tchèques quittent le système scolaire sans qualification. 

Au fur et à mesure de la présentation de l’action du lycée du BTP de Jihlava, nous pouvons commencer à schématiser la relation école/entreprise version tchèque :

Il semble particulièrement difficile pour les élèves de trouver des stages, l’école se transforme donc peu à peu en « mini-entreprise ». Le lien avec les professionnels locaux permet donc à cette mini-entreprise d’être la plus proche possible de la réalité. 

En l’occurrence, les élèves peuvent réaliser des prestations pour des particuliers. Les établissements scolaires n’étant pas sur les mêmes créneaux en termes de délais de réalisation et de qualité de la prestation qu’il n’y a, comme en France, de notion de concurrence avec le secteur marchand. Néanmoins, certaines petites entreprises, certains artisans, peuvent pâtir de ce système. 

Nous rencontrons ensuite madame Zemanova de l’entreprise du bâtiment Podzimek. En nous présentant sa structure, en particulier les liens qu’elle entretien avec le lycée de Jihlava, notre précédent schéma s’étoffe encore : visite des chantiers de l’entreprise par les élèves, participation des élèves et des enseignants aux actions de formation mises en place par l’entreprise et bourses attribuées aux apprentis dans les filières en déficit sont autant d’actions que les entreprises développent pour assurer la pérennité de leur recrutement de personnel qualifié.

L’enjeu majeur pour les entreprises réside donc bien dans la capacité à poursuivre l’embauche durable de personnel formé et expérimenté. Il s’agit donc de trouver un équilibre entre une trop forte qualification des jeunes, leur donnant le goût à la mobilité et une lacune de savoir-faire, préjudiciable à l’élève et à l’entreprise.

Lors de la visite de l’entreprise Podzimek, dans l’après-midi, nous apprenons que la formation continue des salariés n’est pas obligatoire. Cependant, elle fait partie des grands standards internationaux (en particulier les normes ISO). Il y a donc un vivier potentiel de clients pour les lycées.

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Mobilité en république tchèque – atelier 4 – jour 1

Nous sommes 6 au départ de Paris ce 11 décembre 2012 : Alain Michnik, proviseur du lycée Val Moré ; Hervé Kholi, proviseur adjoint du lycée François Bazin, Bruno Prévoteau, conseiller en formation continue au GRETA des Ardennes, Philippe Beaufort, professeur d’Histoire-géo-lettres au lycée Val Moré ; Jessica Sylla et Julien Noirvache de la Région Champagne-Ardenne.

L’objectif de cette mobilité est d’échanger avec nos collègues tchéques sur les modalités de l’évaluation du lien entre l’école et l’entreprise. De notre côté, nous avons identifié plusieurs pistes :

– l’évaluation via une lecture chiffrée de la relation : taxe d’apprentissage, statistiques d’insertion professionnelle, de stages, montants financiers des actions mises place par les lycées, dons des entreprises en matériel ;

– l’évaluation de la qualité de la relation entre l’école et l’entreprise et en particulier l’évaluation des échecs de coopération ;

– l’évaluation de la reconnaissance des compétences de l’établissement par les entreprises avec notamment le principe des plates-formes technologiques mais également grâce aux GRETA pour la formation continue des salariés.

Deux constats ont été émis : la relation entre l’école et l’entreprise ne doit pas être un carcan, ni pour l’un ni pour l’autre ; les premiers émissaires de cette relation sont les élèves et ils doivent être informés de leur rôle très tôt dans leur parcours.

A notre arrivée à Prague nous constatons que la République tchèque tient ses promesses avec de la neige et du froid et c’est après une heure et demie de route que nous arrivons, de nuit, à Jihlava.

Lors du repas officiel, nous avons l’honneur d’être accueillis par Martin Hyskỳ, vice-président de la Région en charge de l’aménagement du territoire et Jana Fialová, vice-présidente en charge de l’éducation. 

Lors de ce dîner, la délégation française a pu échanger avec Pavel Toman, le proviseur d’un lycée professionnel de Jihlava spécialisé dans le bâtiment, l’agence régionale « Vysocina Education ».

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Septième réunion du comité de pilotage (juillet 2012)

1) Compte rendu de P. BOULANGER à propos des ateliers sur « L’esprit d’entreprendre » des 4 et 5 juillet à Paris et informations communiquées aux participants à propos d’« Entreprendre pour Apprendre » (document joint) et de la Fondation pour Agir Contre l’Exclusion (FACE).

2) La conférence de valorisation du programme COMENIUS REGIO, organisée par l’Agence nationale de la Commission européenne à Bordeaux, aura lieu les 13 et 14 décembre 2012 à Strasbourg.

3) Préparation de la prochaine mission des Tchèques en Champagne-Ardenne les 16-19 octobre 2012 autour du thème « Parcours d’orientation et découverte des métiers »

  • Mission centrée sur l’Aube et le lycée Val Moré
  • Délégation tchèque logée à Troyes pour limiter les déplacements
  • Contacts locaux assurés par le lycée Val Moré
  • Programme prévisionnel

– Mardi 16 : Arrivée de la délégation tchèque à Troyes en fin de journée + visite de la vieille ville + dîner et accueil par un(e) élu(e) régional(e) (à confirmer)

– Mercredi 17 : Matinée (9h30-12h30) – Atelier au lycée Val Moré sur le thème de l’atelier + présentation du cadre global de l’orientation par S. REINERT et N. BAUDOUIN + accueil au CFA puis déjeuner au lycée Val Moré. Après-midi (14h30-18h) – Visite du lycée + visite Chaource ou cidrerie

– Jeudi 18 : Mâtinée – Visite CIO + Espace métiers à Troyes et présentation du Service public régional (SPR) de l’orientation (CIO, Espace métiers, charte) par C. NOWAK + déjeuner au lycée Edouard Herriot à Troyes. Après-midi – Visite du lycée Herriot (filières textile) + visite d’entreprise Petit Bateau + temps libre

– Vendredi 19 : Départ de la délégation tchèque

4) Poursuite du travail autour du thème l’école et l’entreprise. Quatre axes ont été élaborés et, au sein de chaque axe, 1 ou 2 exemples sera privilégié :

  • Axe 1 : Formation – Exemples : mini-entreprise/stages
  • Axe 2 : Orientation – Exemple : préparation professionnelle
  • Axe 3 : Insertion – Exemple : « Speed-dating »
  • Axe 4 : Promotion et valorisation – Exemple : PFT
  • Cartographie des acteurs
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Comment fonctionne le système éducatif tchèque (4)

Le rôle de l’enseignant

L’enseignant assure sa charge de cours dans une logique souvent de mono-, bi- ou trivalence (une, deux ou trois matières enseignées).

Il est recruté après l’université, en fonction de son cursus, sans formation pédagogique et didactique.

Il n’a pas eu de formation de type IUFM.

Il est lié à son employeur (l’établissement scolaire) par un contrat et non un statut de fonctionnaire.

Il veille à la sécurité dans l’établissement et au respect du règlement par les élèves, car il n’y a pas de personnels de surveillance (conseiller pédagogique, surveillants, etc.)

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Comment fonctionne le système éducatif tchèque (3)

Le rôle du directeur

Le directeur est recruté, nommé et salarié par la Région.

Il est lié à son employeur (la Région) par un contrat et non un statut de fonctionnaire.

Il dispose de directeur(s) adjoint(s) (selon la taille de l’établissement) qui officient comme chef des travaux.

Il dépend de lui de nouer des partenariats professionnels avec des entreprises en vue notamment de trouver des terrains de stage pour ses élèves.

Il recrute, évalue, forme et licencie les enseignants de l’école.

Il dispose d’une marge de 20 % dans la rétribution au mérite des personnels enseignants.

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