Mobilité en République tchèque – Atelier 4 – jour 2

La délégation française se rend dans le lycée du BTP et du bois de Jihlava , dirigé, par Pavel Toman, qui accueille 690 élèves. Il les prépare à des métiers du BTP accessibles après une formation de deux ou quatre années et à des métiers dans l’industrie du bois après une formation de deux ans. Il coopère avec de nombreuses entreprises évoluant dans les secteurs du BTP et du bois afin de permettre à ses élèves d’effectuer des stages en entreprise au cours de leur formation. Il est déjà impliqué dans des programmes européens, de type Leonardo ou Socrates, et dispose de bourses austro-tchèques

Roman Křivánek, le directeur de Vysocina Education, nous présente sa structure qui est notamment en charge de la formation continue des enseignants et des projets européens de coopération. Vysocina Education gère le projet « L’école et l’entreprise main dans la main » mais également un projet de coopération avec la Région de Tampere en Finlande sur le sujet du management scolaire.

Quelques photographies de l’établissement de Pavel nous sont diffusées. L’une d’entre elles retient l’attention des français car elle représente une cérémonie de remise de diplômes ce qui est assez peu fréquent en France.

Toutefois cela se développe de plus en plus dans l’enseignement supérieur. Depuis 2 ans Reims Métropole a mis en place une cérémonie de remise des diplômes commune à plusieurs établissements, dont l’URCA. 

Nous apprenons que le principe de la cérémonie de remise des diplômes est une institution en République tchèque, en particulier dans l’enseignement secondaire. La plupart du temps, les entreprises y sont présentes ainsi que les représentants des branches professionnelles. 

Nous apprenons, à cette occasion, que le choix des enseignements et des diplômes proposés par un lycée est de la seule responsabilité de celui-ci. En outre, un établissement peut maintenir une filière même avec un très faible nombre de lycéens. 

Cette liberté a cependant deux inconvénients : les formations sont couteuses et elles ne sont pas forcément en réelle adéquation avec les besoins des entreprises. Au final, 5% des lycéens tchèques quittent le système scolaire sans qualification. 

Au fur et à mesure de la présentation de l’action du lycée du BTP de Jihlava, nous pouvons commencer à schématiser la relation école/entreprise version tchèque :

Il semble particulièrement difficile pour les élèves de trouver des stages, l’école se transforme donc peu à peu en « mini-entreprise ». Le lien avec les professionnels locaux permet donc à cette mini-entreprise d’être la plus proche possible de la réalité. 

En l’occurrence, les élèves peuvent réaliser des prestations pour des particuliers. Les établissements scolaires n’étant pas sur les mêmes créneaux en termes de délais de réalisation et de qualité de la prestation qu’il n’y a, comme en France, de notion de concurrence avec le secteur marchand. Néanmoins, certaines petites entreprises, certains artisans, peuvent pâtir de ce système. 

Nous rencontrons ensuite madame Zemanova de l’entreprise du bâtiment Podzimek. En nous présentant sa structure, en particulier les liens qu’elle entretien avec le lycée de Jihlava, notre précédent schéma s’étoffe encore : visite des chantiers de l’entreprise par les élèves, participation des élèves et des enseignants aux actions de formation mises en place par l’entreprise et bourses attribuées aux apprentis dans les filières en déficit sont autant d’actions que les entreprises développent pour assurer la pérennité de leur recrutement de personnel qualifié.

L’enjeu majeur pour les entreprises réside donc bien dans la capacité à poursuivre l’embauche durable de personnel formé et expérimenté. Il s’agit donc de trouver un équilibre entre une trop forte qualification des jeunes, leur donnant le goût à la mobilité et une lacune de savoir-faire, préjudiciable à l’élève et à l’entreprise.

Lors de la visite de l’entreprise Podzimek, dans l’après-midi, nous apprenons que la formation continue des salariés n’est pas obligatoire. Cependant, elle fait partie des grands standards internationaux (en particulier les normes ISO). Il y a donc un vivier potentiel de clients pour les lycées.

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