Mobilité en République tchèque – Atelier 4 – jour 3

Nous sommes attendus dans les locaux de la société Hettich dans la ville de Z’dar nad Sazavou. 

« Il est très important pour les entreprises qui veulent tirer leur épingle du jeu en Europe, d’avoir des salariés bien formés. C’est pourquoi Hettich favorise les coopérations locales étroites avec les écoles et les centres d’apprentissage » Le directeur de l’usine

A la suite d’une étude menée par la société Hettich sur la démographie locale, montrant notamment un vieillissement de la population ce qui augurait des difficultés de recrutement à moyen et long terme, l’entreprise Hettich a développé sa coopération avec le lycée technique local et avec l’école secondaire industrielle, préparant notamment à l’université. Un partenariat avec l’université de Brno permet également de garantir des recrutements de personnel hautement qualifié. 

L’entreprise Hettich nous présente ensuite le système de recrutement et de bourses spécifiques avec les élèves du lycée de Z’dar nad Sazavou.

 Avant d’être intégrés dans l’équipe Hettich, les élèves passent plusieurs tests : en mathématiques, en physique, en logique et en culture générale. Suite à ce test, un entretien entre l’entreprise et les parents permet de faire le point sur la proposition de bourse. 

Sur 10 élèves ayant postulé à ce dispositif par an, 5 sont intégrés dans l’entreprise. Ils signent alors un contrat au travers duquel ils s’engagent à finir leurs études et participer aux cours pratiques dispensés par l’entreprise mais également à travailler pendant cinq années au service de l’entreprise Hettich. 

En contrepartie, la firme s’engage à fournir des cours techniques et des cours de langue, un emploi et une bourse scolaire dont le montant dépend toutefois des résultats de l’élève. Les élèves qui le souhaitent peuvent également bénéficier du programme d’échanges d’étudiants entre les filiales du groupe. Le développement des savoir-faire s’accompagne ainsi de l’apprentissage de la culture d’entreprise. Apprentissage renforcé par l’obligation de suivre un stage dans le département « assemblage » pour prendre conscience du produit fini réalisé dans l’entreprise et auquel participe chaque salarié.

Si les résultats scolaires de l’élève ne sont pas satisfaisants, le contrat peut être dénoncé. Dans ce cas, l’élève doit rendre les bourses qu’il a perçues. 

Pour les étudiants de l’université, le stage est de six semaines et leur mémoire de fin d’études doit pouvoir bénéficier à l’entreprise. Le thème est donc choisi conjointement entre l’université et l’entreprise. 

En parallèle de la relation centrée sur l’élève, l’entreprise Hettich « sponsorise » l’établissement par des dons en matériel, en machines et en matière d’œuvre. 

Si ce système nous apparaît particulièrement intéressant, il soulève cependant une question : tous les efforts déployés ne risquent-ils pas d’inciter les lycéens à poursuivre leurs études, ce qui aurait finalement un impact néfaste sur le recrutement d’ouvriers qualifiés ? 

Le directeur de l’entreprise pense qu’il s’agit d’un risque qui est d’autant plus réel que le gouvernement tchèque a fixé comme objectif d’avoir 75% de bacheliers pour chaque cohorte. Cette tendance incite donc les entreprises à agir très localement pour convaincre quasiment les élèves un par un. 

Suite à la visite de l’entreprise Hettich, nous nous rendons dans le lycée technique partenaire de Z’dar nad Sazavou. Nous sommes accueillis par le proviseur qui nous fait visiter son établissement. 

La journée se termine pour nous par une visite de l’abbaye cistercienne à l’occasion de laquelle nous aurons la chance d’être accueillis par la « comtesse » Kinsky en personne. Elle nous recevra chez elle pour nous offrir un café et nous raconter l’histoire incroyable de sa famille, émigrée en France et revenue en République tchèque après la révolution de velours.

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